Alité suite à un accident de la route, un homme se replonge dans ses souvenirs… Il doit faire face à des pulsions meurtrières et sa propre violence : une schizophrénie incarnée par le personnage de Zofrén, « le chien qui parle ». Un roman urbain sur fond de problèmes de société : insécurité, intégration, ghetto, immigration, classe sociale, exclusion, etc. Un premier roman destiné à frayer la voie à d’autres. Car il y a plus à dire sur le théâtre du monde que sur les scènes seulement que l’on a personnellement parcourues, si nombreuses soient-elles (Marseille, Toulouse, l’Angleterre, l’Irlande, la Russie). Une fois surmontés les pièges de l’enfance et de l’adolescence, ce à quoi sert aussi un livre dont on est le centre, peut s’ouvrir une autre carrière, sûrement pas de sérénité, mais moins obsédée de son propre mystère, de sa propre dualité, de son propre miracle. Celle de Sahad Djamaa pourrait bien, ce premier livre est une sorte de promesse, être riche de rebondissements. Pour une large part, autobiographique et ethnographique, sociologique aussi. On manque et d’histoires de vie, et d’essais anthropologiques, permettant de prendre la mesure de ce qui se passe aux marges, ou dans les anfractuosités de la société française. Mais le souffle qui anime la narration, et l’écriture, n’est pas celui d’un simple témoignage, même inspiré, sur l’extrême précarité, sur les violences conjugales et familiales, sur les bagarres de rues, ou de cages d’escaliers, dans les cités, sur les effets pathogènes, ou carrément destructeurs de certains modes de vie, ou de survie. Une sorte de voyage initiatique, au fil duquel surgissent et s’épanouissent d’étranges floraisons oniriques, et au revers de buissons de haine, de fureur meurtrière, de prodigieux bourgeons d’amour…Tout cela, qui est tout sauf sobre, ne frapperait pas si fort au cœur, et au ventre, si ce n’était énoncé, oui, avec quelque chose comme une sobriété, son livre est un livre parlé ; un livre aussi auquel il lui faut donner corps comme objet, pour qu’il prenne place, aux côtés des innombrables diplômes acquis, tout à la fois de haute lutte et en dilettante, sous les yeux de sa mère. Le chienquiparle, lechien qui parle, le chienqui parle, lechien quiparle, le chien qui parle. Le chien qui parle de Sahad Djamaa, premier roman de Sahad Djamaa. le chien qui parle